Je sais, ce pauvre blog n'est plus alimenté depuis 3 bons mois... Pourtant j'écris, croyez-le bien ! Mais les recherches prennent du temps, et puis il faut aussi lire, dessiner, peindre, sortir, voir du monde - bref : profiter de la vie !

J'aime aussi voir un bon film à l'occasion (par "bon", j'entends un film qui me plaît) et c'est ce qui m'a fait penser à vous livrer ici quelques critiques, histoire de patienter jusqu'au prochain article.

En effet, je fais partie, sur Facebook, d'un groupe d'amateurs de films d'horreur qui encourage ses membres à rédiger des critiques des films qu'ils regardent. Comme je m'y colle de temps à autre, autant en faire profiter tout le monde, non ?

 

Le Peuple des ténèbres (2002)

Peuple

« Si tu mets la couverture sur ta tête, tu ne crains rien… »

Tu parles ! Dans ce film très réussi, certainement le préféré de Freddy, laisser les portes ouvertes n’a rien de rassurant.

Le propos est ici les terreurs nocturnes, la peur de s’endormir lorsque, enfant, on se sent perdu au milieu d’un lit trop grand et trop vide, et que nos peurs viennent doucement ramper sous les couvertures et poser leurs mains glacée sur nos chevilles.

Les personnages qui vont revivre ce sentiment littéralement cauchemardesque sont d’ailleurs assez attachants, jusqu’à ce que l’héroïne traverse un passage critique, vers le milieu du film, où elle se révèle « fille-psy-intello-qui-se-plaint ». Pendant une vingtaine de minutes, elle devient assez pénible et on a un mal fou à compatir à ses misères… On en donne même raison à son petit ami de la remettre en place.

Ce petit inconvénient mis à part, chapeau bas devant ce bijou qui recèle nombre de scènes de tension et de désespoir bien amenées… Car lorsque les ombres jouent avec nos sens, même les rayons de clarté dévoilent des choses abjectes qui se contorsionnent et grouillent dans le coin de le chambre… Ou de notre âme.

C’est l’heure où les morts jouent avec leurs mains. L’heure où l’on ne fait plus qu’un avec la nuit. L’heure où tous les monstres surgis des ténèbres comme d’un miroir obscur sont en fait nos propres peurs et frustrations qui nous hurlent à la figure.

A la fin, Julia s’enfonce dans le métro, symbole du monde souterrain, du ventre de la nuit, poursuivie par l’indicible qui bientôt la rattrapera et l’enlèvera du monde des vivants.

Le film est terminé : lumière. Enfin…

 

La Maison de cire (2004)

Maison cire

Intro vaguement « choc ». Le vieux truc du gamin psychopathe dans une famille zarbie.

5’50 : On passe à la bande d’ados. Hé, ils sont tellement débiles qu’on a déjà hâte de les voir en morcifs et on n’espère plus qu’une chose, c’est que le méchant leur en mette plein la gueule. Pour ça, au moins, c’est gagné.

7’ : Bien entendu, la présence de Paris Hilton et la musique djeun’s n’arrangent rien.

13’ : Alors, on a le bad boy avec sa sœur raisonnable (vraisemblablement l’héroïne), OK. Le mec de celle-ci, bof, un couple… bref, les autres. C’est-à-dire la chair à canon.

16’ : Oh, la bagnole a été sabotée, ça alors !

20’ : Ah, l’héroïne se casse la gueule et se retrouve au milieu d’un charnier de bestioles mortes… Et au milieu de ça : une main humaine qui la fait chanter tout ce qu’elle peut. Normal. Sauf que ses amis viennent la tirer de là, et elle ne leur parle pas immédiatement ! Moi, à sa place… D’accord, un taré en pick-up surgit à ce moment-là et leur montre qu’il s’agit d’une main de mannequin. Mais quand même…

23’ : Le taré est classique. Période péquenolithique, fringues pourries et dents qui puent, à moins que ce soit l’inverse… On le reverra sûrement. Et on pense à environ 182 000 autres films…

A la demi-heure de jeu, nos amis (enfin, comme par hasard, l’héroïne et son frère) sont dans la maison de cire et font le tour du propriétaire. Tout, dans cette maison, est en cire… excepté les chaises pour enfants vues dans l’intro. Au cas où l’on n’aurait pas compris le titre, c’est l’antre de la bête !

43’ : On se demande d’où va venir le danger. Qui est le fiston cinglé devenu adulte ?... Nos héros sont chez un autre type, et les indices sont gros à peu près comme des brontosaures. Comme cela ne suffit sans doute pas, vas-y que je te balance la musique « là faut flipper » qui va bien.

55’ : Horreur ! Les tarés sont bien des tarés !

69’ : Paris fait son strip.

71’ : Paris fait dans son slip.

74’ : Déjà qu’elle n’avait pas de cerveau, ça ne va rien arranger.

79’ : Quand le méchant est à terre, il faut l’achever, les enfants.

83’ : Je vous l’avais bien dit.

87’ : Ah ouais, quand même… L’intérêt est relancé, même si j’aurais dû m’en douter.

94’ : Bon, en fait, ça ne relançait rien du tout.

100’ : Ainsi fond, fond, fond…

102’ : Eh oui, banane, 3 et pas 2 ! Qui est-ce qui t’a indiqué le chemin vers cette ville maudite, hein, crème d’anchois ?... Pfff, paye ton épilogue avec la police, au petit matin, sur-les-lieux-du-drame. On pense à 827 000 autres films.

Générique de fin : Quoi, vous êtes encore là ???

 

Case 39 (2009)

case 39

« Son père et sa mère avaient posé des verrous sur leur porte. Plutôt solides. Quelque chose était entré par là, qu’ils ne voulaient plus jamais revoir. »

Les parents de la petite Lilith, 10 ans, ont essayé de tuer leur fille, mais il apparaît qu’eux-mêmes avaient peur ; terriblement peur de quelque chose.
Manifestement, cette petite, qui va insister pour vivre, en attendant d’être placée, chez la travailleuse sociale (Renée Zellweger) qui l’a « sauvée » a une influence maléfique de derrière les fagots, et cela ne va pas tarder à se voir!


En effet, les personnages secondaires commencent à tomber comme des mouches, après avoir reçu d’étranges coups de fils… Et avoir côtoyé d’un peu trop près notre chère petite !
A partir de là, tout bascule : on est bien à présent sur la piste d’un fucking esprit malin et Lilith (Jodelle Ferland) est de moins en moins innocente. Quelque chose ne va pas avec cette petite, les amis. Sacrément pas !

« Elle veut connaître notre vision de l’enfer ; pour nous le faire vivre. »

A côté de cette foutue môme, en qui Satan semble avoir donné rendez-vous au docteur Lecter (pour la perspicacité), le pauvre Damien de « The Omen » n’a plus qu’à aller se rhabiller. Elle est tout simplement terrifiante et sa jeune interprète joue avec brio sur toute la gamme de l’innocence perverse. Franchement ennemie du genre humain, ses pouvoirs réservent des moments assez flippants et la peur de Renée Zellweger devient palpable, glaçante et, pour le coup, contagieuse.
Si l’on devait pointer quelques faiblesses, ce serait simplement qu’avec un peu d’expérience de ce genre de film, les meurtres deviennent assez prévisibles… Une fois qu’on a pigé le truc et cerné la bestiole à qui on a affaire, on sait pertinemment comment ça va se passer (Et puis cessez, par pitié, d'utiliser le nom de Lilith à tire-larigot dès qu'il s'agit de nommer une putain de l'enfer !).
Enfin, on peut regretter que le final, qui au demeurant ne manque pas d’intensité, soit un peu light.
Au final, je ne peux que conseiller ce film, dont on sort tout de même éprouvé, avec dans les oreilles la voix de la toujours innocente Lilith, à qui il est si difficile de refuser quelque chose…

 

The Clinic (2010)

Clinic

On ne le répètera jamais assez : ce qui compte dans une histoire, ce n'est pas tant l'originalité de votre trame que la façon de s'en servir.

"The Clinic" en est le parfait exemple : un groupe, dans un environnement hostile, tente de survivre et tous les événements dramatiques sont amenés par les assassinats successifs des personnages secondaires, jusqu'à ce que l'héroïne, restée seule, triomphe.

Ni plus, ni moins, difficile de faire plus basique. Seulement, la réussite absolue de ce film est d'en faire la colonne vertébrale d'un scénario rusé et assez intrigant pour donner à chaque seconde l'envie d'en savoir plus. On a envie de comprendre et je vous mets au défi de relâcher votre attention avant. C'est tordu, vicieux et glacé... Et absolument séduisant.

A regarder à tout prix, donc, surtout si vous avez des projets d'adoption : cela vous donnera sans doute des idées !