En ces temps d'incertitude et de flou doctrinal, je poste aujourd'hui un texte écrit il y a quelques mois, que je n'avais pas osé publier à l'époque.

Mettons qu'il s'agisse de ma contribution à ce sujet - et, surtout, un moyen de faire passer mon exaspération devant les événements.

 

Marianne Encre

    J’entends dire depuis quelques jours qu’un projet de rapprochement existe entre Jean-Louis Borloo et François Bayrou, dans l’objectif, une nouvelle fois, de réaliser l’union du « Centre ».

Sur le papier, les divergences demeurent pourtant…

M. Borloo se revendique de « centre-droit » et considère, de fait, se trouver actuellement dans l’opposition et l’UMP comme alliée naturelle.

M. Bayrou, quant à lui, estime que le « Centre » doit exister par et pour lui-même, idéologiquement indépendant de la Droite comme de la Gauche.

A titre personnel, pour le Radical que je suis, ces deux positions restent insatisfaisantes.

Est-ce que je me considère de « centre-droit » ? Bof… Si, sur les questions économiques et européennes, j’admets une certaine cohésion, il en va tout autrement sur les sujets de société. En effet, ce fameux « centre-droit » regroupe des chrétiens démocrates qui, s’ils sont certes plus libéraux que bien d’autres, n’en restent pas moins fort conservateurs, comme en témoignent les déplorables réactions et déclarations de bien des parlementaires UDI lors du débat sur le mariage pour tous, desquelles je me suis toujours vigoureusement désolidarisé.

Pour ces raisons, je ne puis considérer l’UMP que comme, au mieux, une alliée de circonstance et estime que ce qui me sépare de ce parti est ni plus, ni moins, mais aussi important que ce qui m’en rapproche.

Voyons à présent le raisonnement de M. Bayrou. Si je ne m’abuse, le problème du « Centre » a toujours été le même : un défaut de visibilité et de clarté politique. La question des Français n’a jamais changé : où le « Centre » veut-il en venir ? Et, partant, où veut-il emmener le pays ? D’où : le « Centre » est le parti des mous, des indécis, des girouettes… Bref, il n’existe aucune doctrine centriste et les propositions de ce camp sont toujours émises par défaut, par incapacité à prendre une décision qui soit clairement de Droite ou de Gauche.

Pour autant, les mêmes gens reconnaissent volontiers que l’on y trouve des hommes et femmes politiques globalement raisonnables, presque toujours modérés et souvent plus brillants qu’ailleurs.

Car le « Centre », effectivement, cela ne veut rien dire. Pour autant, une idée-clé existe bel et bien, et elle me semble la meilleure, parce qu’intrinsèquement Radicale : celle de placer l’humain au centre (justement !) de tout projet politique.

Or, à l’heure où certains se demandent si le parti Radical ne va pas, à terme, se dissoudre dans la nébuleuse UDI, je pense qu’il représente la seule solution de rassemblement, le seul repère indiscutable pour notre camp.

C’est pourquoi, plus que jamais, j’appelle à la réunion de notre parti Radical valoisien avec le parti Radical de gauche. Car je crois fermement que seul un parti Radical fort est capable de porter les valeurs humanistes qui nous sont chères et dont nous nous réclamons, au service de la République dont nous sommes en quelque sorte les garants. C’est la seule façon d’éviter les incohérences de l’UDI et d’assurer l’indépendance idéologique.

La Gauche et la Droite, le PS et l’UMP… A toutes ces doctrines et partis nécessairement réducteurs, faisant passer les théories avant les citoyens, l’alternative existe et ne se trouve pas dans un « Centre » qui n’a jamais rien voulu dire à personne, ni dans un centre-droit pas beaucoup plus attirant.

En définitive, il ne s’agit pas du tout d’une alternative, puisqu’il s’agit des fondamentaux de notre République, auxquels il est urgent de revenir et qui s’incarnent dans le Radicalisme et une devise : Liberté, Egalité, Fraternité.