mariannegay

    Comme il fallait s’y attendre, la controverse autour du mariage homosexuel n’en est qu’à ses début et prend chaque jour plus d’ampleur.

    Il semble que les opposants à ce progrès social majeur autant que salutaire – Eglise catholique en tête – demandent un référendum, ainsi qu’un débat des plus ouverts. Cela tombe bien, j’ai très envie de me jeter dans la mêlée, en affirmant que le mariage homosexuel est indissociable du Pacte Républicain.

    Pour commencer, et pour être parfaitement clair, rappelons qu’un pacte peut se définir comme un accord entre plusieurs parties, en vue d’un objectif commun.

    On peut alors dire que le pacte que la République propose à l’assentiment de tous les citoyens sert à souder la société et trouve son origine dans la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen (DDHC), ceci afin de préserver certains droits imprescriptibles que sont :

  • ·        La liberté
  • ·        La propriété
  • ·        La sûreté
  • ·        La résistance à l’oppression

 

    Ces droits se résumant parfaitement et définitivement en : Liberté, Egalité, Fraternité.

    Les Radicaux étant les gardiens du temple républicain, on est certain de toujours trouver dans les déclarations de leurs plus illustres représentants de lumineux passages ; ainsi Clemenceau : « La grande formule de la Révolution – Liberté, Egalité, Fraternité – qui contient dans ces trois mots tous les Droits de l’Homme, toutes les réformes sociales, tous les préceptes de la morale, se résume dans une formule plus brève encore : la Justice. »

    Ainsi, le Pacte Républicain, loin d’être une énième simple déclaration de principe sur le « vivre ensemble » et la tolérance, s’enracine dans la devise même de la République, qui est un acte de foi en l’Humain, en la volonté d’hommes et de femmes d’accueillir l’autre afin de construire une société – afin de rendre possible la société.

    Accepter le Pacte Républicain et ses conditions, dont, nous l’avons vu, la Justice, est la condition nécessaire pour que chacun trouve sa place dans la République, quelle que soit son identité – à plus forte raison son identité sexuelle.

    C’est pourquoi il convient de faire cesser cette cruelle injustice dont est victime un grand nombre de concitoyen(ne)s, qui n’ont pas les mêmes droits que les autres devant la loi. Cette injustice est arbitraire, car elle ne s’explique pas rationnellement, mais encore intolérable, car elle viole les principes de la république et rend ainsi caduc le pacte qui en est issu : car comment demander de le respecter à ceux et celles à qui l’on refuse, dans le même temps, l’égalité devant la loi – à qui l’on refuse la Justice ?

    La France est une république Indivisible, Laïque, Démocratique et Sociale ; or, diviser le peuple français en dressant les citoyens les uns contre les autres au moyen de l’injustice est le fait des ennemis de la République. En effet, il y a le camp des humanistes, qui accordent à ceux qui le méritent les droits universels – et ce camp est depuis toujours celui des Radicaux, et puis il y a les autres… Comment les reconnaître ? Ils ont beau se dresser en défenseurs de la société (surtout à travers le prisme déformant d’une certaine vertu et d’une certaine morale), ils n’ont que le mot « communauté » à la bouche, qu’elle soit nationale, religieuse ou autre.

    Donner à tous les citoyen(ne)s le droit de se marier sera, non seulement un acte de justice dont dépend la cohérence du Pacte Républicain, mais encore un bel acte de justice – puisqu’il concerne l’amour.

    « La démocratie française n’est pas fatiguée de mouvement, elle est fatiguée d’immobilité. » – Jean Jaurès.